Ce que font les plantes dans une baignade
Dans la zone de régénération, les plantes ne sont pas un décor. Elles ont quatre rôles :
- Consommer les nutriments (azote, phosphore) que les algues voudraient utiliser.
- Offrir une surface à leurs racines et à leurs tiges immergées, sur laquelle vivent les bactéries qui dégradent la matière organique.
- Oxygéner l'eau, surtout pour les plantes entièrement immergées.
- Faire de l'ombre aux zones peu profondes, ce qui limite leur échauffement.
On combine donc plusieurs familles de plantes, chacune à sa profondeur. La répartition des paliers est expliquée dans la fiche profondeur et forme du bassin.
Les plantes palier par palier
Les espèces ci-dessous sont des plantes indigènes, présentes à l'état naturel en France et pour la plupart dans les zones humides bretonnes. Les profondeurs sont des repères : chaque plante a sa plage de tolérance. La liste définitive pour votre bassin est établie par Tekmad selon le projet [à valider].
Berge humide et marais (0 à 10 cm d'eau)
- Populage des marais : floraison jaune très précoce au printemps, apprécie les sols gorgés d'eau.
- Reine-des-prés : grande vivace de bord d'eau, fleurs blanches parfumées en été.
- Salicaire commune : épis roses en été, très visitée par les insectes pollinisateurs.
- Lysimaque commune : fleurs jaunes, pousse en touffe sur les berges.
- Eupatoire chanvrine : grande plante de berge, attire les papillons en fin d'été.
- Véronique des ruisseaux : rampante, couvre les bords humides et filtre l'eau qui ruisselle.
Palier peu profond (10 à 30 cm)
- Iris des marais : feuillage dressé et fleurs jaunes, robuste et facile à diviser.
- Menthe aquatique : parfumée, gourmande en nutriments, s'étend vite : à contenir.
- Plantain d'eau : feuilles en cuillère, petites fleurs blanches légères.
- Jonc diffus : touffes persistantes qui structurent la berge.
- Laîche faux-souchet : graminée de berge aux épis pendants, élégante en masse.
- Butome en ombelle : ombelles roses en été, très décoratif.
- Rubanier dressé : feuilles en lanière, bon épurateur, à surveiller car il s'étend.
- Trèfle d'eau : feuilles à trois folioles et fleurs blanches frangées, apprécie les eaux pauvres.
Palier moyen (30 à 60 cm et plus)
- Nénuphar blanc : feuilles flottantes qui ombragent l'eau, à planter dans un panier pour le contenir.
- Potamot nageant : feuilles flottantes ovales, plante discrète et utile.
- Pesse d'eau : tiges dressées hors de l'eau, aspect de petit conifère.
- Renoncule aquatique : feuillage immergé fin et petites fleurs blanches en surface au printemps.
Plantes immergées oxygénantes
- Cornifle immergé : flotte entre deux eaux sans racines, absorbe beaucoup de nutriments.
- Myriophylle en épi : tiges plumeuses immergées, bon oxygénant indigène.
- Callitriches : petites plantes immergées en rosettes, adaptées aux eaux fraîches.
Pour les plantes de berge situées hors du bassin, préférez aussi des espèces locales. Demandez l'origine des plantes à votre fournisseur : une plante indigène produite à partir de graines collectées loin de la Bretagne reste moins adaptée qu'une plante d'origine locale.
Les espèces à ne jamais planter
Plusieurs plantes vendues autrefois pour les bassins se sont échappées dans les rivières et les marais bretons, où elles étouffent la végétation locale. Certaines sont aujourd'hui interdites par la loi : il est interdit de les introduire dans le milieu, de les transporter, de les utiliser, de les vendre, de les acheter ou de les échanger (article L. 411-6 du code de l'environnement et arrêté du 14 février 2018).
| Plante | Nom latin | Statut |
|---|---|---|
| Jussie à grandes fleurs | Ludwigia grandiflora | Interdite en France, invasive avérée en Bretagne |
| Jussie rampante | Ludwigia peploides | Interdite en France, invasive avérée en Bretagne |
| Myriophylle du Brésil | Myriophyllum aquaticum | Interdite en France, invasive avérée en Bretagne |
| Myriophylle à feuilles hétérogènes | Myriophyllum heterophyllum | Interdite en France |
| Grand lagarosiphon | Lagarosiphon major | Interdite en France, invasive avérée en Bretagne |
| Élodée de Nuttall | Elodea nuttallii | Interdite en France, invasive potentielle en Bretagne |
| Hydrocotyle fausse renoncule | Hydrocotyle ranunculoides | Interdite en France, invasive avérée en Bretagne |
| Jacinthe d'eau | Eichhornia crassipes | Interdite en France |
| Éventail de Caroline | Cabomba caroliniana | Interdite en France |
| Laitue d'eau | Pistia stratiotes | Ajoutée à la liste européenne en 2022, interdiction en France à confirmer sur Légifrance [à valider] |
| Faux arum | Lysichiton americanus | Interdite en France (plante de berge) |
| Balsamine de l'Himalaya | Impatiens glandulifera | Interdite en France, invasive avérée en Bretagne (berges) |
| Égéria dense | Egeria densa | Invasive avérée en Bretagne |
| Crassule de Helms | Crassula helmsii | Invasive avérée en Bretagne |
| Azolla fausse fougère | Azolla filiculoides | Invasive avérée en Bretagne |
| Lentille d'eau minuscule | Lemna minuta | Invasive avérée en Bretagne |
La liste nationale est mise à jour régulièrement et la liste bretonne du Conservatoire botanique national de Brest aussi. Avant tout achat, vérifiez le nom latin de la plante : les noms français varient d'une jardinerie à l'autre. Si vous découvrez une de ces plantes dans un bassin existant, ne la jetez ni au compost ni dans un fossé : les fragments repartent. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de la structure qui gère les rivières locales.
Planter et entretenir
- Le substrat : on plante dans du gravier ou un substrat pauvre, jamais dans du terreau ni de la terre de jardin, qui libèrent du phosphore et font verdir l'eau.
- La densité : plantez assez serré pour couvrir vite, mais laissez de la place aux plantes qui s'étendent. Le nombre de plants au mètre carré est 0 à 0 selon les espèces [à valider].
- La période : le printemps et le début de l'automne conviennent le mieux. En Bretagne, l'hiver doux permet souvent une reprise rapide.
- La coupe : coupez et sortez les parties fanées à l'automne, avant qu'elles ne tombent dans l'eau. Chaque coupe exporte hors du bassin les nutriments que la plante a stockés.
L'entretien de saison est détaillé dans l'entretien de printemps et l'hivernage. Si des algues en filaments envahissent les plantes, voir les algues filamenteuses.
Un savoir-faire de végétalisation
Tekmad réalise elle-même la végétalisation de ses bassins, comme pour ses plus de 300 phytoépurations et jardins de pluie. Le choix des plantes se fait avec le dessin de la zone de régénération, selon l'exposition et la qualité de l'eau. Pour un projet ou pour revoir la plantation d'un bassin existant, faites une demande de devis.
Sources : Arrêté du 14 février 2018 relatif aux espèces végétales exotiques envahissantes (liste reprise par la DREAL Hauts-de-France), Quéré et Geslin, Liste des plantes vasculaires invasives de Bretagne, CBN de Brest, DREAL et Région Bretagne, 2016, Projet d'arrêté de mise à jour de 2022 (consultation publique du ministère), Centre de ressources espèces exotiques envahissantes (UICN France, OFB), fiche laitue d'eau. Relu le 14 octobre 2026.
Questions fréquentes
Une diversité d'une quinzaine à une trentaine d'espèces est courante dans une zone de régénération. La diversité rend l'ensemble plus résistant : si une espèce souffre une année, les autres prennent le relais.
C'est déconseillé. Vous risquez de rapporter des plantes invasives, des escargots ou des graines indésirables, et certaines espèces sauvages sont protégées. Achetez des plantes identifiées par leur nom latin.
Oui, dans la zone de régénération ou sur un palier dédié. Le nénuphar blanc indigène ombrage l'eau. Plantez-le en panier pour éviter qu'il n'envahisse la zone de nage.
Arrachez-la entièrement, racines comprises, en récupérant tous les fragments. Ne la mettez ni au compost ni dans un fossé. Renseignez-vous auprès de la mairie ou du syndicat de rivière sur la filière d'élimination.