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La baignade naturelle, comment ça marche

Une baignade naturelle garde son eau claire sans chlore ni sel, grâce aux plantes, aux graviers et aux micro-organismes. Voici comment elle fonctionne, ce qu'elle apporte et ce qu'elle demande, pour décider en connaissance de cause.

Le principe : une eau qui s'épure elle-même

Dans une piscine classique, on empêche la vie de s'installer dans l'eau : le chlore ou le sel détruisent les bactéries et les algues. Dans une baignade naturelle, on fait l'inverse : on organise la vie pour qu'elle travaille à votre place.

L'eau qui a servi à la baignade se charge de matières organiques : feuilles, pollens, poussières, peaux mortes, crèmes solaires. Au lieu d'être détruites par un produit, ces matières sont dégradées par des bactéries et d'autres micro-organismes. Elles deviennent des éléments minéraux simples (azote, phosphore), que les plantes absorbent pour pousser. Les algues, qui ont besoin de ces mêmes éléments, n'en trouvent plus assez pour proliférer. L'eau reste claire.

C'est le même principe que celui d'un étang ou d'une rivière en bonne santé, et celui de la phytoépuration, qui épure les eaux usées d'une maison avec des végétaux. La différence : dans une baignade, tout est dimensionné, dessiné et réglé pour que l'équilibre tienne avec des baigneurs, en plein été, dans un volume d'eau limité.

Zone de baignade et zone de régénération

Une baignade naturelle se compose de deux espaces qui communiquent, côte à côte ou séparés dans le jardin.

Plan vu du dessus d'une baignade naturelle familiale. Plan d'un jardin, nord en haut. En haut la maison, puis une terrasse en bois qui borde la zone de baignade, prolongée par un ponton avec échelle. La baignade, à droite, profonde, finit au sud par une plage immergée en pente douce. Un muret immergé la sépare de la zone de régénération plantée, à l'ouest. Le skimmer, sur le bord est, sous le vent dominant d'ouest, envoie l'eau au local technique (pompe, filtre). Un tuyau enterré la ramène au refoulement, au fond de la zone plantée ; elle repasse par-dessus le muret. Une barrière avec portillon entoure le bassin. Les arbres sont tenus à distance, le soleil passe au sud. Le bassin mesure environ 14 m sur 7.

La zone de baignade

C'est l'espace où l'on nage. Elle est libre de plantes, avec des parois nettes et un fond facile à nettoyer. Sa profondeur est choisie selon l'usage : se rafraîchir, nager, plonger. Les repères publiés vont de 1,50 à 2 m pour nager, davantage pour plonger.

La zone de régénération

C'est le filtre vivant du bassin. Elle est plantée, peu profonde par endroits, garnie de graviers et de substrats choisis. C'est là que l'eau est épurée et réoxygénée avant de revenir vers la baignade. Elle peut être décomposée en zone d'épuration et zone de régénération proprement dite.

Coupe d'une baignade naturelle. À gauche, la zone de baignade, profonde. Un muret immergé la sépare de la zone de régénération, à droite, peu profonde, garnie de graviers et de plantes aquatiques. Une pompe fait circuler doucement l'eau : elle passe dans les graviers et les racines, qui retiennent les nutriments, puis revient vers la baignade par le haut du muret. Une membrane étanche couvre l'ensemble, posée dans le sol.

Pour une baignade plantée, un repère souvent cité est de consacrer environ un tiers de la surface à la baignade et deux tiers aux zones plantées. Ce n'est pas une règle fixe : le bon rapport dépend du type de filtration, de l'ensoleillement, du nombre de baigneurs et de ce que vous attendez de l'eau. C'est précisément ce que l'étude permet de calculer. Pour la place à prévoir dans votre jardin, voir aussi les contraintes techniques.

Plantes, graviers, micro-organismes, circulation : qui fait quoi

Les micro-organismes

Bactéries et micro-organismes forment une fine pellicule vivante, le biofilm, à la surface des graviers et des racines. Ce sont eux qui dégradent la matière organique. Plus la surface disponible est grande, plus ils sont nombreux. Le petit zooplancton (daphnies, par exemple) broute aussi une partie des algues en suspension.

Les graviers et substrats

Ils servent de support au biofilm. Leur nature, leur calibre et leur épaisseur comptent : un substrat trop fin se colmate, un substrat trop grossier offre peu de surface. Dans la zone de baignade, on évite en revanche les graviers au fond, qui retiennent les dépôts.

Les plantes

Elles consomment les éléments nutritifs, oxygènent l'eau, font de l'ombre aux zones peu profondes et abritent la petite faune utile. On combine des plantes immergées, flottantes et de berge, choisies selon la profondeur. Leur coupe régulière exporte hors du bassin les nutriments qu'elles ont stockés.

La circulation

Une pompe fait passer l'eau de la baignade à travers la zone d'épuration. Un repère publié est de faire passer tout le volume au moins deux fois par jour en saison. Un écrémeur (skimmer) récupère ce qui flotte. Une cascade ou une lame d'eau ajoute de l'oxygène.

Les paliers de plantation d'une zone de régénération. Coupe d'une zone de régénération en quatre paliers, de la rive vers le muret. Berge humide, sol gorgé d'eau, 0 à 5 cm : laîches, salicaire, reine-des-prés ; elles tiennent la berge et abritent la petite faune. Zone marécageuse, environ 5 à 20 cm d'eau : iris des marais, populage, menthe aquatique ; leurs racines denses puisent les nutriments. Faible profondeur, environ 20 à 50 cm : plantain d'eau, rubanier, sagittaire ; elles filtrent l'eau et leurs tiges portent les bactéries utiles. Zone immergée, environ 50 cm à 1 m et plus : cératophylle, potamot, nénuphar blanc ; elles oxygènent l'eau, font de l'ombre et freinent les algues. En bas, les espèces exotiques envahissantes à bannir : jussie, myriophylle du Brésil, élodée de Nuttall, lagarosiphon.

À retenir

Rien n'est magique : l'eau reste claire parce que la quantité de nutriments qui entre dans le bassin est inférieure à celle que les plantes et le biofilm peuvent retirer. Tout le travail de conception consiste à tenir cet équilibre.

Les différents types de bassins

Les mots « piscine naturelle », « piscine biologique », « piscine écologique » et « baignade naturelle » sont souvent employés l'un pour l'autre. Derrière, il existe plusieurs façons de filtrer l'eau, du plus naturel au plus technique.

Baignade naturelle avec lagunage planté

Une grande zone plantée épure l'eau, avec ou sans pompe selon la conception. C'est la solution la plus proche d'un étang. Elle demande le plus de surface, mais s'intègre au jardin comme un milieu vivant.

Piscine biologique

L'épuration repose surtout sur un filtre à graviers où se développe le biofilm, avec peu ou pas de plantes. Les plantes y sont alors décoratives. Le bassin ressemble davantage à une piscine et prend moins de place, mais la part technique (pompe, filtre, réglages) est plus importante.

Bassin mixte

Il associe une zone plantée et un filtre biologique plus compact. C'est souvent le bon compromis quand la place est comptée mais que l'on veut garder le charme d'une berge végétale.

Aucun type n'est meilleur dans l'absolu. Le choix dépend de la surface disponible, du style de jardin, de l'entretien que vous acceptez et de l'aspect d'eau souhaité. Si vous avez déjà une piscine, une partie de ces solutions peut s'y greffer : voir transformer une piscine classique. Pour un bassin sans baignade, voir les bassins d'agrément.

Comparaison honnête avec une piscine au chlore ou au sel

Baignade naturelle et piscine traitée : les différences principales
CritèreBaignade naturelle ou biologiquePiscine au chlore ou au sel
Traitement de l'eauPlantes, biofilm, circulation. Pas de chlore ni de sel.Désinfection chimique (le sel produit du chlore par électrolyse).
Aspect de l'eauClaire mais vivante, teinte qui varie avec la saison, un peu de dépôt possible.Bleue et stable si l'eau est bien suivie.
Surface au solPlus grande, à cause de la zone de régénération (sauf filtre biologique compact).Limitée au bassin et aux plages.
TempératureSuit la météo. Le chauffage est déconseillé car il favorise les algues.Peut être chauffée et couverte pour allonger la saison.
VidangePas de vidange complète à prévoir, l'eau est conservée.Renouvellement partiel régulier, vidange occasionnelle.
EntretienJardinage aquatique : coupes, nettoyage du fond et des filtres.Analyses, dosages, lavage du filtre.
FauneLibellules, grenouilles, insectes d'eau s'installent.Quasiment absente.
Mise en routeUne période d'équilibre de 00 mois [à valider] avant une eau stable.Baignade possible dès le traitement réglé.

Le coût de construction et d'entretien dépend trop du projet pour être résumé ici : voir prix et entretien.

Avantages et limites

Ce que vous y gagnez

  • Une eau sans chlore, douce pour la peau et les yeux.
  • Un bassin qui fait partie du jardin, avec ses berges, ses plantes, ses reflets.
  • Pas de produits à stocker ni à doser.
  • Une eau conservée d'une année sur l'autre.
  • Un refuge pour la petite faune et les insectes utiles.

Ce qu'il faut accepter

  • L'eau suit la météo : plus fraîche au printemps, plus chaude en été.
  • L'aspect évolue au fil des saisons : floraisons, feuilles, eau parfois légèrement teintée.
  • Il faut de la place, surtout pour une baignade plantée.
  • Les premiers mois servent à la mise en équilibre : l'eau peut verdir passagèrement.
  • Grenouilles et insectes d'eau seront vos voisins de baignade.

Sécurité et réglementation

Une baignade naturelle reste un plan d'eau où l'on peut se noyer. La loi impose un dispositif de sécurité normalisé aux piscines enterrées non closes. Son application exacte aux baignades naturelles est discutée : par prudence, nous la traitons comme une piscine sur ce point. Le détail est sur la page réglementation. Position à confirmer [à valider]

Ce qui fait réussir ou rater un projet

Un bon dimensionnement

Une zone d'épuration trop petite pour le volume ou pour le nombre de baigneurs est la première cause d'eau verte. Le calcul se fait au départ, pas après coup.

L'emplacement

Un ensoleillement équilibré, à l'écart des grands arbres (feuilles, racines), et des eaux de ruissellement qui n'entrent pas dans le bassin chargées de terre et d'engrais.

Une étanchéité soignée

Une fuite fait baisser le niveau, oblige à des appoints qui apportent des nutriments, et peut abîmer le terrain. La pose et les raccords se font avec méthode.

Une eau de remplissage connue

Eau du réseau, de forage ou de pluie : chacune apporte ses minéraux et ses nutriments. Une eau riche en phosphore nourrit les algues. On la connaît avant de remplir.

Des plantes adaptées

Des espèces locales ou bien acclimatées, choisies pour la profondeur où elles seront posées, et plantées à la bonne saison.

Un entretien compris

Couper, retirer les feuilles, nettoyer les filtres. Rien de lourd, mais à faire. Un propriétaire qui sait pourquoi il le fait garde un bassin équilibré.

Pourquoi confier la conception à un bureau d'études de l'eau

Une baignade naturelle est d'abord un ouvrage hydraulique et biologique. L'aspect paysager compte, mais il vient après.

Tekmad est un bureau d'études de l'eau installé à Muzillac. Son dirigeant, Lawrence Poussin, a 23 ans d'expérience en hydraulique et en mesure de l'eau. Tekmad a réalisé plus de 300 phytoépurations, jardins d'assainissement et jardins de pluie, et travaille depuis 9 ans en partenariat avec Aquatiris. C'est le même savoir-faire qui sert dans une baignade : faire circuler l'eau, dimensionner un filtre planté, choisir les substrats et les végétaux.

L'équipe de Tekmad étudie votre terrain, dessine le bassin et vous accompagne jusqu'à la mise en eau. Vous pouvez confier le chantier complet à Tekmad, qui coordonne les corps de métier, ou le réaliser vous-même avec des plans et un accompagnement : voir chantier géré ou autoconstruction accompagnée et notre méthode.

Vous avez un terrain et une idée ? Décrivez votre projet, même à un stade très en amont.

Questions fréquentes

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